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71. "Anjar", village refuge des Arméniens contraints de quitter la province du Sandjak près d'Antioche.

En 1938, le rattachement à la Turquie de la province syrienne du Sandjak , est décidé par les grandes puissances en échange de sa neutralité dans la guerre qui couvait en Europe.  Au niveau local, la cession du Sandjak a pour conséquence l’exode de la quasi-totalité de la population arménienne qui est dirigée dans la plaine de la Bekaa, ainsi qu'aux environs de Beyrouth. C'est ainsi qu'en 1939, les Arméniens sont évacués à Anjar, un petit village situé dans la plaine de la Bekaa au Liban Ce village d'une superficie de 20 km2 et situé à 900 mètres d’altitude, se trouve à mi-chemin entre Beyrouth et Damas. Les Autorités françaises y installent, 1205 familles d’Arméniens, originaires des montagnes de Moussa Dagh, (en Syrie).  Les rangs de cette première vague de réfugiés avaient été grossis par l'arrivée d'Arméniens émigrés de Cilicie. (sud de la Turquie. ) Arrivés sur place, les premiers réfugiés ont dressé des tentes. D’un commun accord, la première tente servir...

70. L’Incendie du quartier dit de la "Quarantaine" ou "Karantina" en 1934

Le quartier de la " Quarantaine " au Nord de Beyrouth, se situe sur un promontoire surplombant le port. C'est là que les voyageurs venant de l'étranger, suspectés d'avoir contracté une maladie devaient observer une période d'isolement. Autrement dit, un lieu où les voyageurs étaient mis en quarantaine à leur arrivée. En 1922, les arméniens de Cilicie, province du sud de la Turquie, victimes des campagnes de déportation perpétrées sous l'empire ottoman, sont venus s'y installer. Nous occupions alors à Beyrouth, un appartement situé Place Debbas, au troisième étage d’un immeuble jouxtant l’Eglise St-Elie. Le 7 Mai 1934, à 4 heures du matin, ma sœur Rosette nous réveille en toute hâte, nous, les trois garçons.  Maman lui ayant conseillé de nous habiller, mes deux frères et moi, avec nos costumes neufs, confectionnés pour la fête de Pâques.  Elle nous annonce qu’il y a un très grand incendie non loin de la maison.  Nous nous sommes retrouvés sur la terrass...

69. Le Général Henri Dentz, dernier Pétainiste en poste au Liban

En 1941 la scission entre les Pétainistes et les gaullistes est consommée. Toutes les familles françaises Pétainistes, doivent quitter le Liban sur un bateau mis à leur disposition pour rejoindre la France. Les Anglais venant de Jordanie avec des éléments du F. F. L., sont à Damas, et attaquent l’armée française pro-Pétain, dans la Bekaa. Le général Henri Dentz, nommé par le maréchal Pétain, remplace le général Gabriel Puaux.  Il est nommé en 1941 au Poste de commandant en chef et Haut Commissaire du Levant. La petite garnison de soldats français basée au Liban sous le commandement du Général Dentz tient tête aux britanniques et aux gaullistes venant de Syrie. Avec le départ massif des Français souhaitant rejoindre la France, l'État Major français civil à Beyrouth commence à manquer de personnel, surtout de brancardiers à l’hôpital français Maurice Rottier .  Pour pallier ce manque de personnel, les autorités françaises font appel aux Scouts Routiers de France. Ils sont enrôlé...

68. La visite de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, suivie de celle de Moscou.

Durant l'été 2009, Evelyne et moi-même avons décidé de faire partie d'un petit groupe pour visiter la Sainte Russie. Ce voyage était organisé par une agence de tourisme à Beyrouth. Je ne vais pas relater ici tous les petits inconvénients survenus au départ. Le vol effectué sur St Pétersbourg après une escale de 6 heures à l'aéroport d'Istanbul a été très fatigant. Arrivés à minuit à St Pétersbourg, nous avons été pris en charge par un guide (je crois bien qu'il nous parlait en français, mais, je peux me tromper). Nous avons été à l'hôtel, où après une collation, nous avons commencé à rêver des grands tyrans russes dont nous voulions faire la connaissance le lendemain. Après le petit-déjeuner, nous avons commencé par la visite des grandes cathédrales et des églises. Le guide nous a avisés de ne quitter le groupe sous aucun prétexte, surtout la nuit, et de rester toujours bien unis. Je ne peux pas décrire les merveilles de ces églises, de ces cathédrales. Du jamai...

67. L'Incontournable Charles Hélou

En 1937, alors que j’étais élève de sixième à l’U. S. J., j’ai été puni d'une retenue pour la deuxième fois, pour une faute que j’ai complètement oubliée. Comme on dit: "une fois n’est pas coutume." Le jeudi après-midi, je me présente dans la classe des punitions où je suis reçu par un étudiant en classe de Philo, un certain Charles Hélou, qui m’indique d'un air très sévère de m'installer à l'écart des autres élèves. Il m’oblige à écrire cent fois: "Je dois être correct avec les surveillants." En 1955, à l’occasion du 25ème anniversaire du Cercle de la Jeunesse Catholique , Evelyne et moi, sommes invités à l’Hôtel Carlton, par le Président de ce Cercle: Charles Hélou. (voir le blog # 36 ) Charles Hélou, celui-là même qui m’avait surveillé pendant ma retenue en 1937. Il se trouvait être l'animateur de la soirée, Après un speech de circonstance, il invite toute l’assemblée à participer à la loterie organisée pour les œuvres de bienfaisance  Quand i...

66. Le 3 septembre 1939: Déclaration de la Grande Guerre

Pour mes vacances de septembre 1939, Aris, mon oncle paternel (papa de Marie-Françoise Delifer), m’avait invité à passer quelques jours dans le beau village de Hammana, où il était en villégiature avec ses 2 sœurs et sa nièce. Toute la population ne parlait que de guerre.  Je n'y comprenais absolument rien. Pourquoi tout ce remue ménage? Lors de la veillée du premier soir, j’ai demandé à mon oncle de m’expliquer un peu ce qui se tramait en Europe. J’ai compris que l’Allemagne insatiable, se trouvant à l’étroit après avoir occupé la Tchécoslovaquie, voulait maintenant occuper la Pologne. Mon oncle m'a expliqué que l’Angleterre avait lancé un ultimatum à l’Allemagne, et qu’elle attendait la réponse pour le lendemain, le 3 septembre à 11:00. La France, alliée de l'Angleterre, avait lancé également un ultimatum pour l'après-midi de ce même jour. "Tu t’imagines mon petit Sérop dans quel pétrin nous allons nous trouver!" Le lendemain matin, j’ai rejoint mes deux ami...

65. Jimmy, le journaliste anglais de la revue NEWSWEEK

Un journaliste Anglais, correspondant de la revue Newsweek, venait souvent à la librairie, non pour lire le Daily Mail, mais pour faire du chatting . Très correct, il se mettait de côté pour ne pas déranger les clients, mais moi, il me dérangeait beaucoup, car je profitais des rares moments creux pour faire les comptes de la Librairie.  J’étais fasciné par ce qu’il me racontait. J’avais l’impression qu’il voulait oublier le cauchemar de la guerre qu'il avait supporté pendant six mois. Il m’a appris, qu'à la fin de la guerre du Vietnam, la direction de Newsweek l’avait chargé de couvrir les événements au Liban.  Il était installé près du couvent des Sœurs de la Charité, à Ashrafieh, non loin de la librairie. Il venait souvent les après-midis, et me débitait des histoires de la guerre vécue dans la jungle du Vietnam. Je l’écoutais attentivement.  Nous sommes devenus des amis inséparables au fil du temps. "En général, racontait-il, la patrouille était composée de 10 hommes. ...